mardi 15 septembre 2009

Rentrée des classes

Vous l'avez sans doute remarqué : la rentrée des classes est passée. Signe du grand progrès civilisationnel de notre temps, la rentrée se fait d'ailleurs dès le mois de juillet. On trouve sur la blogosphère quelques billets sur le thème comment accompagner la rentrée des enfants, mais rien sur celle des parents. Pourtant, la rentrée scolaire est une épreuve aussi pour les parents, et dans la plupart du temps, elle est difficile pour les enfants parce qu'ils en subissent les contre coups

 

Que la rentrée des classes soit éprouvante pour les parents n'est pas étonnant : les parents ne sont après tout que de vieux enfants. Chaque rentrée réactive les éprouvés et les souvenirs de rentrées particulières. Devant le nouvel enseignant, le parent se retrouve devant ses propres souvenirs, et pourra avoir tendance à traiter avec l'enseignant du passé plutôt qu'avec l' enseignant actuel. De son coté, l'enseignant vit la confrontation à ses propres parents. Chaque interlocuteur, dans ce carrefour du passé, aura tendance à traiter avec l'image de son souvenir plutôt qu'avec l'individu de la réalité. On comprend que cela ne manque pas de susciter quelques quiproquos.

Ces souvenirs peuvent être bons ou mauvais, ou marquer une rentrée particulière (maternelle, collège) et ils sont activés ou transmis dans le lien à l'enfant. On aura tendance à vouloir lui épargner ou lui faire vivre ce que l'on a vécu, l'empéchant par la même de vivre une expérience. Que l'on s'entende : ce qui est à éviter, ce n'est pas la protection qui est due à tout enfant, c'est la protection de soi-même-enfant au prétexte de la protection de son enfant.

Les conseils suivants valent aussi bien pour les "petites classes" que pour le collège et le lycée. Dans ces derniers cas, même si le professeur principal est l'interlocuteur privilégié, la multiplication des enseignants entraîne pour les parents une charge de travail plus importante. La bonne nouvelle est que le mail est ici aussi une "killing app"

 

Demandez au professeur son adresse email. Oui, la bonne adresse email peut être ici utile. Si l'enseignant trempe dans les matières numériques, cela augmentera votre capital sympathie. Il se peut même qu'il vous fasse part des expériences pédagogiques qu'il tente d'organiser en menant une guérilla sans relache contre l'Académie. Les mots de "réseaux sociaux", "blogs" et "wiki" seront sans doute lachés. Cet enseignant cherche des soutiens : rappelez vous l'adage : No Geek Left Behind et donnez lui un coup de main !

Comme vous le savez, les conversations par mail ont quelques avantages. Elles sont un moyen rapide de partager une information tout en en gardant une trace. Il est donc possible de revenir sur ce qui a été échangé et y réfléchir. Les difficultés sont aussi importantes que les avantages ; vous éviterez à tout prix de commencer une flame war avec l'enseignant en ne répondant jamais a chaud à un mail. Cette règle de bon sens intégrée, les joies du mail sont a portée de main. Vous disposerez sans doute d'un enseignant plus disponible, plus ouvert que celui que vous tentez de coincer à la sortie des classes.

 

Préparez les rencontres avec le professeur. Ne vous rendez pas aux rencontres pédagogiques les mains dans les poches. Posez vous quelques questions : qu'est ce qui est important pour vous ? Comment pouvez vous aider votre enfant ? Pouvez vous aider l'enseignant à faire son travail ? Que tente-t-il de faire ? Si cela vous aide, n'hésitez pas à faire une liste des choses à aborder. Dans la préparation de cette rencontre, vous n'oublierez pas de faire une place pour votre enfant : y a-t-il des sujets qu'il souhaite voir aborder ? Souhaite-t-il être présent ?

 

Maintenez un lien avec le professeur et l'école. Des outils comme le cahier de liaison existent, utilisez les ! Intéressez vous à ce que fait votre enfant à l'école. Plutot que le sempiternel "as tu bien travaillé", demandez plutot "t'es tu bien amusé" ou "as tu appris quelque chose d'intéressant". Prêtez attention aux messages transmis par l' enseignant, et faites lui part de vos remarques. Cela est d'autant plus important que l'enfant est petit. On comprend qu'en maternelle, une mauvaise nuit doit être signalée à l'enseignant mais qu'au lycée on laissera l'enfant s'en débrouiller. Signalez les événéments importants dans la vie d'un enfant : séparation ou mariage des parents, grossesse, décès etc.

 

 Participez a la vie de l'établissement. Les kermesses et diverses fêtes, les sorties scolaires, les journées porte ouvertes sont d'excellentes occasions pour rencontrer les personnes qui s'occupent de votre enfant et construire des liens. N'hésitez pas à donner un coup de main dans la mesure de vos possiblités

 

 Le professeur n'est pas un super héros. Même si l'enseignant est un représentant de votre histoire oedipienne, n'oubliez pas qu'il n'en reste pas moins homme. Il n'est pas tout puissant, il ne sait pas tout, il peut commettre des erreurs (et, ô péché humain, refuser de les reconnaître). Vous n'êtes pas là pour rendre les enseignants meilleurs. Votre objectif est de faciliter au mieux les apprentissages de votre enfant. Les enfants savent vite les travers des professeurs, et cela leur permet de mieux comprendre ceux de leurs parents. Vous serez donc gré aux enseignants d'aider aussi votre enfant a vous faire descendre de votre piédestal

 

Le professeur est suffisamment bon. S'il n'y a qu'une règle à retenir, c'est celle là. Suffisamment bon, cela signifie qu'il est valable pour la tache qui lui est assignée. Cela signifie aussi qu'il a ses bons et ses mauvais moments, et que cela doit être toléré. Cela signifie que vous lui faites confiance a priori.

 

Soyez absent. Voilà la chose la plus difficile : n'occupez pas le terrain, de saturez pas de votre présence l'espace pédagogique. Laissez de la place a l'enseignant et a votre enfant. Ce sont eux qui doivent construire quelque chose autour des apprentissages pas vous.

 

 

Ces quelques dispositions vous aideront a faire face aux problèmes qui manqueront pas de se présenter pendant l'année.