vendredi 24 décembre 2010

La short-list française des livres sur les Mondes Numériques

Bien sûr, c’est déjà Noël et bien évidement il vous manque quelques cadeaux. Voici quelques titres qui devraient vous tirer d’affaire. Evidement, il faudra aller les acheter dans un magasin IRL.

Les liaisons numériques : Vers une nouvelle sociabilité ?

Il y a de la métis en Antonio Casilli. Grand Pas de l’Internet, il sera sans doute bientôt un des roi de la sociologie des mondes numériques. La malice de l’auteur apparait dès le titre qui fait écho avec les liaisons dangereuses : qu’il s’agisse du réseau d’échanges de lettres ou du réseau Internet, il ne s’agit toujours que de corps et de désirs. Les liaisons numériques  explore ces dynamiques en trois enjambées : les espaces numériques, les corps et les relations sociales.  (Vous pouvez suivre le travail d’Antonio Casilli sur www.bodyspacesociety.eu )

La démocratie Internet : Promesses et limitesAvec La démocratie Internet, Dominique Cardon travaille des questions essentielles pour penser les espaces numériques. Que change le réseau à des catégories comme l’espace privé et la communication publique ? Internet rend-t-il vraiment possible une nouvelle démocratie ?

L’imaginaire d’Internet est déjà ancien, et Patrice Flichy a publié de nombreux livres depuis dont Le sacre de l’amateur. L’imaginaire d’Internet reste mon préféré sans doute parce que c’est la première fois que dans un livre de langue française j’ai lu une histoire savante  du réseau  Internet. Vous y découvrirez comment l’Internet s’est imposé parmi plusieurs solutions techniques possible et comment toute innovation technique passe par une mise au travail de l’utopie, de l’imaginaire et de la réalité.

jeudi 9 décembre 2010

Des dinosaures au pays du net

 

Des dinosaures au pays du net

Vincent Magos est psychanalyste et fondateur de l’excellent squiggle.be (2005). Il est aussi directeur de la nouvelle collection Temps d’Arrêt/Lectures qui est « une collection de textes courts destinée aux professionnels en lien directe avec les familles ».

Parmi les publications, on trouve Des dinosaures au pays du net qui se propose d’analyser les effets de l’environnement technologique d’aujourd’hui sur le développement de l’enfant. L’auteur, Pascale Gustin, est psychologue clinicienne et psychanalyste. Elle se décrit elle-même comme « une dinosaure » et note les réticences des psychothérapeutes vis-à-vis de l’Internet. Elle regrette que sur la quarantaine des psychothérapeutes d’enfant qu’elle a interrogé aucun ne semble avoir pris pleinement conscience de la particularité de l’écrit électronique ni même avoir envisagé que leur usage recéler des dimensions inconsciente. Les psychothérapeutes qu’elle a questionné restent ambivalents par rapport aux technologies de la communication. On ne peut qu’être d’accord avec elle lorsqu’elle note « Nous devrions peut-être considérer les courriers électroniques, « chats », blogs avec davantage de curiosité » !

Des Dinosaures au pays de Internet s’articule a partir de réflexions de l’anthropologie d’une part et des positions de Paul Virilio d’autre part. On se souvient que Leroi-Gourhan avait montré dans Le geste et la parole (1964) combien la technologie et l’aventure humaine sont liées. L’homme est indissociable de ses techniques. Elles le modifient à la fois subtilement – en laissant des traces dans son imaginaire et dans son organisation symbolique. Les techniques imposent des tours de main qui ont à leur tour des effets sur la pensée. Il y a donc entre l’homme et ses techniques un lien profond.

Pascale Gustin suit ici les paléontologues : une technique nait lorsque les structures symboliques et imaginaires sont prêtes à lui donner naissance : le propulseur ne peut être inventé qu’a partir du moment ou il y a une maitrise suffisante de l’espace et du temps – et j’ajouterai que l’utilisation du propulseur ouvre sur cette maitrise. La technologie est pour pour elle un carrefour entre la pensée, la nature, la vitesse, l’espace et le corps.

A Paul Virilio, Pascal Gustin emprunte sa théorie de la vitesse. Paul Virilio a développé une théorie du choc de la vitesse en écho à deux souvenirs d’enfance : la disparition d’une partie de la ville de Nantes suite à un bombardement et l’impression de vitesse des Panzer de l’armée allemande. Pour lui, le territoire est lié à des techniques de transport et de communication. Il est mis en danger comme étendue du fait de la rapidité de ces techniques qui bouleversent notre rapport au proche et au lointain. Le lointain peut être mon voisin – un ami sur Facebook par exemple – tandis que le proche peut me devenir de plus en plus étranger.

Nous avons donc une technique qui nous modifie et qui modifie notre rapport au monde. Ce qui est en jeu, insiste Pascale  Gustin,  c’est le rapport métaphorique que nous entretenons avec le monde et plus exactement avec le territoire. Les technologies de la communication nous permettent de parcourir le territoire à toute vitesse. Elles nous rendent plus mobiles, plus rapides, mais elles nous arrachent également aux terroirs anciens. Nous sommes comme les passagers d’un train à grande vitesse qui regardons défiler le paysage par la fenêtre

A cette précision près : les paysages que nous observons, ce sont nos paysages internes et les paysages de nos société. La mobilité permise par les technologies de l’information est déjà inscrite au cœur des familles : mobilité des adultes qui doivent « penduler » pour se rendre sur leurs lieux de travail ; mobilité des lieux de travail qui peuvent être « délocalisés » ; mobilités des liens familiaux qui peuvent se « recomposer » Nous sommes dons plus que jamais soumis au changement, aux « accidents de terrain ». Pascale Gustin rappelle que le mot accident a deux acceptions en français. Le premier sens est celui « d’un évènement soudain qui entraine des dégâts ». Elle rejoint ici Paul Virilio et sa promesse d’un accident technologique généralisé le jour où nous rencontrerons le mur du temps. Mais elle s’en éloigne lorsqu’elle rappelle qu’un accident est aussi « ce qui change brusquement »

Quels sont les conséquences pour les enfants de ces « accidents de terrain » ? Pascale Gustin problématise remarquablement la question : quelle expérience archaïque du temps et des rythmes peut avoir un tout petit enfant lorsqu’il baigne dans ces technologiques de la communication ? Comment les générations actuelles d’enfant construisent la différence entre le vivant et le non vivant ?  Comment conçoivent ils ce qu’est penser alors que les machines se donnent comme pensantes ? Comment se construit le rapport a l’identité avec toutes ces images ? A quelle transcendance s’ouvre notre culture technologique ?

La technique fournit beaucoup d’images avec lesquelles nous nous pensons et les publicitaires savent habilement en jouer : la vie est « simple comme un coup de fil » ou le téléphone est « le fil de la vie ».De telle organisation on dira qu’elle n’a pas « le bon logiciel ». Un oubli et l’on dira que l’on a « zappé » ; une incompréhension ou un lien qui se distant et l’on dira que l’on a « perdu le réseau »

Un début de réponse est donné avec l’Inquiétante étrangeté de Sigmund Freud (1919) qui lui semble être une clé d’entrée pour comprendre les jeux vidéo et les processus de représentation virtuelle. Sigmund Freud avait noté l’émergence de ce sentiment à l’approche de l’angoisse infantile de perdre la vue. Pascale Gustin précise : « le caractère traumatique de l’image consiste à déborder l’appareil psychique révélant une représentation qui y a été encryptée dans l’enfance. L’image réelle vient alors faire effraction dans l’appareil psychique, le débordant en renvoyant à une représentation déjà présente bien que masquée »

L’univers technologique présent est justement marqué par l’omniprésence du regard. On regarde, on est regardé, on se donne à voir semble être la passion des temps présents. Partout nous sommes confrontés à des images. Partout, nous trouvons des écrans. Ou alors appuyer sa pensée ? Est-ce que ces images sont des labyrinthes dans lesquels les plus jeunes d’entre nous, occupés au travail de construction de soi, risquent de se perdre ? Ou vont-ils y trouver matière à croissance psychique ? Que se passe-t-il lorsqu’un tout jeune enfant est en contact avec une mère qui est accaparée par la télévision ? La situation est elle identité à celle d’un enfant en contact avec une mère déprimée ? Quels paysages psychiques co-construisent-ils ensemble ?

Poser la question, c’est déjà y répondre un peu. Il me revient à l’esprit l’histoire de cet enfant rapporté par Dolto et qui était identifié à la machine à coudre de sa mère. Le père avait été fait prisonnier en 1940 et la mère était accaparée par cette machine à coudre qui la faisait vivre elle et son enfant. L’enfant ne voyait d’elle tout la journée que le balancement des jambes sur la pédale. Sa fenêtre sur le monde était alors réduite aux inquiétudes tues de la mère sur le père et au mouvement des jambes de sa mère.

Nous savons aussi que les images sont grosses de mots, de discours, d’idéologies et qu’elles ne se déploient que dans la narrativité. C’est la mise en récit de ce qu’il voit qui permet à l’enfant d’utiliser les images comme appuis pour sa pensée. Sans cette mise en récit, sans ce détour par les mots, il risque de ne percevoir des images que ce qu’elles ont de plus séducteur : leurs rythmes, leurs brillances, leurs éclats.

 

Il est difficile de ne pas être d’accord avec Pascale Gustin. Nous sommes de plus en plus dépendants de notre technique. Les images sont partout et les enfants sont au contact avec elles de plus en plus tôt. Elles précédent notre naissance et survivent à notre mort. La technologie modifie notre rapport au monde. C’est évident. L’influence de la technique sur le processus d’hominisation est un acquis des sciences humaines. Nous sommes nos techniques. Elles font ce que nous sommes : des animaux dénaturés. De l’invention de la taille de la pierre à celle de la fission nucléaire, nous sommes toujours en retard par rapport à nos techniques. Elles vont toujours trop vite pour nous.

Cela change-t-il nos paysages psychiques ? Sans doute. Mais on est gêné de voir que Pascale Gustin n’aborde pas vraiment la question. Le livre traite bien davantage d’un média qui a régné lors de la précédente ère culturelle : la télévisons. En ce sens, le titre est bien trouvé ! Mais il est très peu question de l’Internet : quelques notations à propos du mail, des bavardoirs, des avatars ou des jeux vidéo. Il manque les caractéristiques des différents dispositifs et la façon dont ils peuvent être utilisés collectivement ou individuellement. Il manque ce que habiter ces paysages peut vouloir dire. Il manque comment le réseau peut être utilisé pour servir les processus d’individuation et de séparation comme on peut le voir avec les blogues. Il manque les processus obfuscation et les tactiques de masquage utilisés par les internautes face a l’omniprésence du regard. Il manque beaucoup de référence a des travaux dont certains sont pourtant déjà anciens : je pense a Sherry Turkle qui a exploré comment les enfants se représentaient le fonctionnement des machines « intelligentes » ; à Thomas Gaon qui a montré que les jeux vidéo sollicitaient des angoisses différentes ; à Serge Tisseron qui a montré que l’avatar est un très bon explorateur du passé ou que les jeux vidéo permettent de reprendre des symbolisations interrompues. Il me vient aussi à l’esprit François Lespinasse et Michael Stora qui ont montré l’utilisation que l’on peut faire des jeux vidéo dans un cadre psychothérapeutiques. Florian Houssier et François Marty ont rapproché le jeu vidéo de la rêverie primaire tandis que Christophe Jansen et Sophie Tortolano partent de l’illusion de Winnicott pour explorer le virtuel. Je m’ajouterais à la liste en rappelant le travail que j’ai fait sur le jeu vidéo comme paysage psychique, son utilisation comme médiateur ou comme médiation psychothérapeutique.

Sans doute, la place aura manqué à Pascale Gustin pour déployer sa pensée. Mais on reste avec l’impression d’une occasion de rencontre manquée et l’on aurait aimé que le souhait du lecteur que les courriers électroniques, les « chats », les blogs soient abordés avec davantage de curiosité ait satisfait.

vendredi 3 décembre 2010

Appel à Participation L’enfant connecté

Les fédération des CMPP organisent un colloque sur L’enfant connecté les 1,2 et 3 décembre 2011.

 

L’appel à participation prend note du fait que le “ le monde des humains se déploie comme un vaste champ d’interconnections qui semblent relier en continu et en temps réel les uns aux autres.”

Comment cette horizontalité interfère avec les processus qui sont au cœur du développement des enfants ? Que deviennent les enfants lorsqu’ils sont “connectés” ? Est ce que le réseau porteur un imaginaire qui nourrit, ou est il le lieu de déperditions et d’aliénations ?

La problématisation de ces problèmes me semble très bien posée :

“La question se pose directement à nos institutions, non seulement parce que les enfants sont aujourd’hui « connectés » en quasi permanence, mais aussi parce qu’ils sont souvent déconnectés de leur propre corps, d’où agitation et grand désordre pulsionnel ou déconnectés de leur réseau institutionnel  (la famille, l’école et la société)  d’où errance, rupture ou désaffiliation.

Une clinique vivante prend en compte les évolutions sociétales, sans perdre de vue les référents primordiaux qui fondent sa pratique.Ainsi, lors de ces Journées, il s’agira de réfléchir sur la condition minimale pour qu'un enfant habite son corps, qu’il soit en lien avec l'autre et qu’il y demeure.”

N’hésitez pas à envoyer vos propositions de participation !

 

 

APPEL à COMMUNICATION L’ENFANT CONNECTE

Chaque matinée se déroulera selon le même principe :

Présentation de 4-5 questions cliniques, présentées par les équipes des CMPP, suivie directement par un débat entre deux conférenciers.

Les questions cliniques devront être très courtes : il ne s’agit pas de déplier un cas clinique, mais de problématiser une situation qui fait question ou impasse pour l’institution, en lien avec chacun des axes, engageant les orateurs du débat à situer leur intervention autour de ces points de butée rencontrés dans le quotidien des équipes, au fil de la clinique.

Les propositions de communication devront être envoyées avant le 15 février 2011 au Comité Scientifique à l’attention de Dominique TEXIER par mail cmpplapasserelle@free.fr : elles ne doivent pas dépasser 10 lignes (police Times corps 12 ou Times new roman 12).

Dans un second temps, les communications retenues devront être
adressées rédigées avant le 15 juin 2011, au comité scientifique qui se mettra en contact avec les auteurs pour quelques retours et modifications éventuelles si nécessaire.

Le format des interventions définitives est limité en vue d’une
concision et d’une précision du propos :

Charte typographique :
5000 caractères au maximum (2 pages, en police Times corps 12 (ou Times new roman), interligne 1,5).

lundi 29 novembre 2010

Appel à Participation Prix Michel Sapir 2011

 

imageLe prix Michel Sapir est un prix d’un montant de 4000 euros récompensant un travail sur les psychothérapies à médiation corporelle d’inspiration psychanalytique.

Les manuscrits doivent être en langue française et adressés à

 Madame le Docteur Cohen-Léon (AREPS)
11, square de Clignancourt - 75018 Paris
e-mail :
s.cohenleon@free.fr
Il sera décerné en décembre 2011

Michel Sapir est un médecin gastroentérologue qui s’est orienté vers la psychanalyse dans les années 60. Inspiré par les travaux de Sandor Ferenczi et Michael Balint, il a contribué à créer la Société de Médecine Psychosomatique. Il est l’auteur de nombreux ouvrages

Marie-Claire Célérier a écrit un bel Hommage qui présente la place de Michel Sapir dans la psychosomatique

mercredi 24 novembre 2010

Une sale morveuse

 

J’ai découvert sur un étagère de mon libraire préféré une tout petit livre. On y découvre les aventures de Gally, et surtout l’univers des institutions pour enfants. En quelques planches, Gally dit admirablement la violence qui peut leur être faite, et ce jusque dans les institutions qui sont sensées les aider, le jargon incompréhensible que nous pouvons quelques fois avoir, les sentiments d’abandon et le bonheur d’une main maintenue tendue, la pensée qui se pense malgré la cotonnage par les médicaments, l’incapacité de certains adultes de s’occuper d’enfants… Tout cela en 159 vignettes !

Le propos n’est jamais accusateur. Un personnage le dit “peut-être que sans les médicaments, [les enfants] seraient malheureux” Je ne sais pas s’ils seraient malheureux, mais je sais que les médicaments sont parfois nécessaires.

On apprend sur la page bio de son blogue qu’elle a trente ans et qu’elle est déjà toute ridée. Pour faire court, son adolescence semble dramatiquement normale : elle torture des insectes et est adorable. Ca donne envie d’en savoir un peu plus.

 

Si vous avez un peu de temps, passez voir la sale morveuse. Elle vous parlera d’elle. Elle vous parlera de vous. Elle vous parlera de ce que nous faisons, parfois, à 'l’enfance.

dimanche 17 octobre 2010

Elude, un jeu sérieux sur la dépression

Elude - dans la prison de la dépression

Elude est un jeu sérieux sur la dépression. Le but du jeu est “de sensibiliser sur la dépression et d’informer sur sa dangerosité. Il est conçu pour être utilisé dans un cadre clinique comme moyen éducatif pour améliorer la compréhension des proches et de la famille de personnes  souffrant de dépression.

Elude modélise ce que la dépression peut être par rapport à d’autre humeurs. Il métaphorise la dépression. Les différentes parties du jeu représentent des paysages émotionnels. L’ambiance du jeu varie en fonction des états émotionnels qui sont représentés. Le gameplay de base (c’est à dire l’humeur “normale” démarre dans une foret pleine d’objets de passion qui résonnent lorsqu’on les utilise. Il est alors possible de vaincre les obstacles que l’on rencontre et d’aller a la cime des arbres où l’on rencontre la “joie”

 

imageLe jeu est assez réussi. Il est organisé autour de l’axe vertical : on s’enfonce dans la dépression ou on s’élève vers le bonheurs. Les niveaux du “dessous” sont assez angoissant et appellent des représentation de noirceur, de pesanteur, d’enfoncement inexorable. La tentation est grande de finalement se laisser aller à la pente de ce mouvement

Les niveaux du “dessus” sont beaucoup plus léger, et ils ont presque une tonalité maniaque. On s’élève de plus en plus et avec de plus en plus de plaisir même si la faiblesse des objets sur lesquels on s’appuie fait naitre une inquiétude de plus en plus grande.

 

Il est sans doute possible d’utiliser ce jeu comme médiateur : le patient joue, et l’on parle ensuite de ses impressions. Une critique cependant : je trouve que le niveau “normal” est tout de même assez déprimé : des arbres aux branches presque nues, d’immenses troncs qui barrent l’écran comme des barreaux de prison, et surtout le visage du protagoniste affiche toujours ce masque déprimé ! Il serait souhaitable que le visage s’éclaire de temps à autre, que cette lumière ait des effets sur l’environnement et que l’environnement ait également des effets sur les états internes du protagoniste tels qu’ils apparaissent sur son visage

Twitter : la taille ne suffit pas

En 1998, Godzilla revient sur nos écrans avec des images et un slogan choc : la taille fait la différence ! Nous sommes à l’époque des grandes concentrations, et des groupes industriels commencent à s’intéresser sérieusement à l’Internet. En France, cette même année, Vivendi est porté sur les fond baptismaux avec un appétit de conquête aussi important que celui de Godzilla. Sur l’Internet, la mode est aux grand portails généralistes qui tentent d’aspirer le plus d’audience possible.

En 12 ans, les paysages numériques ont complètement changé. Le Web 2.0 puis les réseaux sociaux ont introduit d’autres logiques.

Une étude faite par l’Institut Max Plank en Allemagne montre que sur Twitter le nombre de followers ne fait pas l’influence. L’étude, joliement appelée "Measuring User Influence in Twitter: The Million Follower Fallacy”  met en évidence les faits suivants :

  • Sur Twitter, une mesure de l’influence est donnée par le fait de voir ou non ses messages retwittés (RTés) et par le nombre conversations qu’un compte peut généré
  • Il n’y a pas de corrélation entre le fait d’avoir beaucoup de followers et le fait d’être beaucoup RTé.
  • Les RT et les mentions sont fortement corrélés

Fait intéressant, l’étude a repéré un nombre important de comptes inactifs : près de 10 millions de comptes ont moins de 10 tweets à leur actif.

En somme, le nombre de followers est une influence virtuelle. Il signifie nullement qu’elle se réalisera sous une forme ou sous une autre.

L’influence est le processus par lequel des individus façonnent leur mode d’action et de pensée. Elle est un ciment social. Cette influence a deux volets. Le premier est quantitatif. Il est basé sur les grands nombres. Le second est qualitatif et l’influence est alors une mesure de la compétence, du prestige ou de l’autorité d’une personne ou d’un groupe.

L’effet Ash : la taille fait la différence.


Expérience de Asch
envoyé par LKSES. - Plus de vidéos de blogueurs.

En 1951, Ash a fait une expérience dans laquelle il montre qu’un individu accepte une norme celle ci est soutenue par un nombre suffisant de personnes.  Le dispositif expérimental est le suivant : 12 personnes sont réunies dans une salle. La tache des individus est simple : il faut comparer des baguettes et dire quelle baguette est identique à la baguette de présentation. Le groupe est composé de 12 compères qui donnent des réponses fausses, et d’un sujet naïf qui répond en dernier. Celui ci se conforme à la norme du groupe même si elle est d’évidence en contradiction avec ses perceptions. Les sujets naïfs donnent à 36,8 % des réponses erronées.

Sur Twitter, on peut observer les même mécanismes. L’utilisation du @, du RT  et du #FF correspond à une influence normative : il a été adopté par suffisamment de personnes pour s’imposer comme norme de conversations. Il s’agit là d’une influence normative et l’on peut obtenir un effet de buzz mécanique à partir du moment un nombre important diffusent une information.

Cet effet s’explique également par une autre expérience de psychologie sociale datant de 1935 réalisée par Shérif. On demande à des sujets d’évaluer individuellement puis en groupe le mouvement d’un point numineux dans une salle obscure. Dans ces situation, un point lumineux donne toujours l’illusion qu’il se déplace. Shérif a constaté que les sujets constituent une norme de groupe en donnant des valeurs moyennes.

Il est probable que dans Twitter des groupes s’accordent ainsi pour faire circuler une information en quantité suffisante. La situation de Shérif et de Twitter sont en effet comparables. Dans les deux cas, les sujets ont peu d’information et se trouvent dans une situation ambigüe; l’engagement personnel est faible; les membres des groupes ne se connaissent pas; il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.

L’influence qualitative.

Avec ce type de mécaniques, on peut se demande comment une minorité peut elle avoir de l’influence. La première réponse est paradoxale : pour avoir de l’influence, il faut être influent. Il faut conquérir les cœurs un à un.

La seconde réponse est encore donnée par une expérience de psychologie sociale réalisée par Moscovici. On  demande à trois sujets naïfs et un compère d’évaluer la couleur de diapositives qui sont bleues ou vertes. En groupe, il peu d’influence directe du compère qui donne toujours des réponses fausses.  Par contre, en dehors de la situation groupale, Moscovici note alors une influence

De façon empirique, et en s’appuyant sur ces données, il me semble que sur Twitter,  être vécu comme cohérant est un élément qui donne de l’influence. Sur Twitter, être cohérant, cela signifie traiter d’un sujet particulier. Le fait d’être présent et d’investir les autres en leur répondant à leurs messages et en prenant bonne note de leurs mentions et RT est l’autre clé de l’influence.

 

 

Measuring User Influence in Twitter: The Million Follower Fallacy
Meeyoung Cha Hamed Haddadiy Fabrıcio Benevenutoz Krishna P. Gummad

jeudi 14 octobre 2010

A propos de “The Social Network”

Hermes is about to Fly

 

The Social Network porte l’histoire du réseau social Facebook sur les grands écrans. L’histoire fait rêver ou effraie : un jeune homme code un site qui se répand comme une trainée de poudre d’abord dans le cyberespace puis dans le monde. Facebook est quelque chose de très spécial : il est un des dispositifs qui a contribué à faire du cyberespace un élément de l’espace géographique. Avant Facebook, nous allions sur le web. Avec Facebook, le web est partout avec nous.

L’histoire que raconte le film est bien entendue romancée. On y apprend que l’ancêtre de Facebook prendrait son départ dans une déception amoureuse, que le fondateur de Facebook présenterait des traits autistiques de type Asperger et qu’il aurait volé l’idée de Facebook à des camarades de classe.

Tout cela est à la fois inexact et vrai. Pour ce qui est de la véracité historique, il y a déjà suffisamment d’éléments sur le réseau pour pourvoir se faire une idée un peu  plus précise de l’histoire de Facebook. Par ailleurs, le travail des historiens se fera peu à peu.

Pour ce qui est de la véracité psychologique, elle est totale puisque le film reprend une filières mythiques : Marck Zuckenberg entre dans le panthéon des Voleurs de Code avec Steve Jobs et Bill Gates.  Il s’agit là d’un mythe prométhéen

Une précision : que cela soit mythique ne signifie pas que le vol n’ai pas eu lieu. Ce que j’examine ici n’est pas la vérité historique mais la façon dont l’imaginaire du cyberespace est structuré. De mon point de vue, les idées n’appartiennent pas à des individus mais à des époques. L’histoire montre que les objets techniques sont toujours inventés plusieurs fois, qu’il s’agisse de l’avion, de télégraphe, de l’Internet ou de .. Facebook !

On se souvient que Prométhée vole auprès de Zeus le feu pour le donner aux hommes. Cela lui vaudra d’être enchainé à un rocher et de voir son foie dévoré par un aigle. Mais cela permettra aux faibles hommes de survivre en étant au contact de la puissante flamme divine. On comprend aisément ce que porte le mythe : le feu de la connaissance ne s’approprie pas sans risque.

Mais peut-être est ce que Marc Zuckenberg se sentirait plus proche de Hermès ? Hermès est le gardien des routes et des carrefours, des voyageurs, de la chance, conducteur des âmes aux Enfers, et le messagers des Dieux. N’est-ce pas une bonne figure tutélaire des digiborigènes qui ont toujours besoin de s’orienter dans l’immense cyberespace et pour qui un peu de chance dans leur recherches est toujours bienvenu ?  Mieux : Hermès est aussi le dieu des voleurs, ce qui nous ramène au thème du film.

Hermès est le type même du dieu trompeur. Il est ce que les américains appellent un trickster. C’est un joueur de tours, et ce dès sa naissance.  Il ment effrontément à son frère Apollon qui lui reproche d’avoir volé ses bœufs : comment pourrait-il, dit-il, alors qu’il vient juste de naitre, avoir commis un tel forfait ? Dans le mouvement même du vol, Hermès a inventé les raquettes (pour effacer ses traces ) et l’art du feu (pour faire cuire la viande). Hermès est un inventeur : la lyre et la flute de Pan naissent d’entre ses mains mais aussi l’écriture, les poids et mesure ou la danse. Il est la personnification la malice. Hermès est créateur de culture.

Lewis Hydes a merveilleusement montré les différents aspects du trickster. Le trickster vole, ment, triche, est obsène mais il est créateur de culture. Mieux, c’est dans le mouvement du vol, du mensonge, de la tricherie et des obscénités qu’il fait œuvre de culture. Par ses transgressions, il fait apparaitre de nouveaux espaces. Le trickster est un transgresseur (“boundary-crosser”) mais il crée aussi de nouvelles façons de faire et d’être. Il sépare et assemble d’une nouvelle façon. Il rend flou les disctinctions ou les articulations. Après son passage, ce que signifie “bon” ou “mauvais”, “masculin” ou “féminin”, “vivant” ou “mort”  n’a plus exactement le même sens.

C’est cette figure de Mark Zuckenberg comme trickster que le film installe. Zuckenberg ne fait pas que transgresser des règles en hackant les serveurs de l’université de Haward, en utilisant les images d’étudiantes qui s’y trouvaient, en faisant sienne un idée qui appartenait à l’air du temps, en trompant Eduardo Saverin ou les frères Winkervoss. Zuckenberg est un trickster car il change le monde. Après lui, les mots comme “vie privée” ou “ami” n’ont plus tout à fait le même sens.

Zuckenberg n’est pas un cas isolé. Une grande partie des mondes numériques ne doit son existence à des tricksters. Ils sont tout simplement parfois un peu déguisés :  le trickster à un certain talent pour changer de forme. Le  faker est une de ses incarnations qu’il s’agisse de se faire passer pour quelqu’un d’autre ou de faire passer un document pour un autre. Le Copier Coller ou le mème sont le signe sûr du passage du trickster. Le troll en est une autre tout comme le hacker et selon Gabriella Coleman l’un procéderait de l’autre : au contact de la culture mainstream, des hackers se seraient transformés en trolls. Dans tous les cas, il s’agit de faire autre chose avec la même chose et de donner aux matières numériques une toute autre ampleur. Le tricsker est amoral. Il n’est intéressé que par l’observation des modifications qu’il fait subir aux matières numérique. C’est un héros du “Et si..” : et si j’utilise tel programme pour envoyer un message de A vers B en passant par Arpanet ? Et voilà ! Le mail est né ! Et si j’utilisais les images disponibles en ligne pour faire un trombinoscope ? Et voilà Facebook !

Il y a dans ces jeux quelque chose d’éminemment précieux : ils rendent habitables les matières numériques. Le réseau et les objets que les ordinateurs ne sont pas faits pour nous accueillir. Le réseau est un immense lieu de contrôle qui ne demande qu'’à revenir à ses premières passions : le comptage, la maitrise. Les tricksters nous aident à ouvrir quelques brèches dans cet environnement qui sans cela se refermerait vite sur nous. Les “hacks” faits ici et là creusent dans un environnement inhumain une place pour accueillir nos vies psychiques. Cela se fait, il est vrai, au prix de quelques transgressions.

lundi 11 octobre 2010

dimanche 10 octobre 2010

Making Sense

Sur le programme, Making Sense s’annonce formidable. Des chercheurs et des artistes travaillent en commun pour faire sens. Il est organisé autour de Bernard Stiegler qui mène depuis quelques années une réflexion sur la technologie. Making Sense se veut “ une interface entre création, réflexion théorique et savoir académique, afin d’initier entre eux une dynamique de dialogue.”

Puisque les organisateurs souhaitent privilégier l’interaction aux interventions magistrales, on aurait également que soit prévu au moins un hastag Twitter : il me semble que ce qui fait sens en ce moment est que la présence en corps n’est pas absolument nécessaire pour être présent à quelque chose et que les idées peuvent être échangées dans le cyberespace.

On aurait aimé voir circuler un Appel à Participation pour un événement qui se veut si ouvert. Cela aurait sans aucun doute permis a quelques pensées un peu moins mainstream de se faire mieux connaitre.

Je ne doute pas que les interventions seront distribuées en Creative Commons.

Le flyer en français : PDF

mardi 5 octobre 2010

Réel et virtuel dans les Cahiers de Psychologie Clinique

CPC_035_L148 La revue Cahiers de Psychologie Clinique consacre son numéro a l’Internet. Le numéro s’ouvre sur une interrogation sur “le réel”  de Jacques Nassif suivie par  une interview de Serge Tisseron qui  reste très abordable même pour un non psychologue. Christophe Janssens et Sophie Tortolano traitent des avatars du lien en ligne; François Marty et Florian Houssier montrent comment les images de jeux vidéo peuvent permettre de maintenir la continuité de l’expérience; Emmanuel Nicaise et Alex Lefèbvre montrent comment les blogues adolescents sont des lieux de présentation de soi; j’y expose que les blogues sont des lieux de socialisation; Geoffrey Wilco montre que le virtuel est un lieu dans lequel tout n’est pas possible; Tanguy de Froy montre que les forums peuvent être structurants; enfin Bernard Chouvier et Yves Morhain partent d’un matériau bien connu des psychothérapeutes, le conte, pour en montrer la virtualité.




Mots clés Technorati : ,

jeudi 30 septembre 2010

Twitter : la mécanique des RT

Les digiborigènes se sont rapidement rendu compte que l’or de Twitter résidait dans les RT. Sysomos donne quelques éléments intéressants sur la mécanique du RT

Le RT est une citation. Elle peut être intégrale ou légèrement modifiée mais elle comporte un auteur cité, un auteur citant et un texte. Il correspond à ce que Genette appelle l’intertextualité, c’est à dire la présence d’un texte emboité dans un autre texte. Cette figure de la poétique est d’ailleurs une des caractéristiques forte du web 2.0 qui permet d’embarquer un média dans un autre.

Symonos a jeté ses filets dans 1,2 milliards de tweets et en a rapport les résultats suivants

  • 29% des tweets donnent lieu à une réponse (RT ou @)
  • La plupart des RT ont lieu dans la première heure
  • Il n’y a pratiquement pas de conversation sur Twitter : seuls 1,53% des tweets ont une structure tweet./réponse/réponse de la réponse/réponse de la réponse de la réponse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne résiste pas au plaisir d’embarquer/citer la vidéo

Les jeux vidéo dans les rééducations fonctionnelles

Le premier exemple n’est pas exactement un jeu vidéo mais plutôt l’utilisation des matières numériques dans le cadre d’une rééducation psychomotrice. Elle a été mise au point par le docteur Dido Gree du Département de Thérapie Occupationelle de l’Université de Tel Aviv.

Il n’y a malheureusement pas d’autre image que celle ci mais on imagine assez facilement qu’il est possible de mettre en place des exercices rééducatifs attrayants.

Pour Dido Gee, une telle tablette peut être utilisée par de jeunes enfants et des adolescents présentant des troubles moteurs. Elle pourrait être amélioré en permettant au rééducateur de se logger dans le dispositif pour contrôler à distance le bon déroulement des exercices

Une WII tout ce qu’il y a de plus classique peut rendre de précieux services. Elle est déjà utilisée de façon “naturelle” dans les hôpitaux et les maisons de retraite. Une étude randomisée a montré ce qui était expérimenté de façon clinique. L’étude a porté sur des patients souffrant d’un AVC et a été utilisée dans le cadre de rééducations fonctionnelles. Les résultats montrent des effets significatifs de l’utilisation de la WII.

 

Sources.

 3-D 'Occupational Therapy' for Children: Virtual Muscle Machine for Kids With Disabilities

Wii™ video games may help stroke patients improve motor function

mercredi 29 septembre 2010

Parents et enfants sur Facebook… c’est compliqué !

La beauté de la technologie, c’est qu’elle ne change rien à nos qualités d’humains. Ce que nous sommes, nous le sommes avec la technologie, et celle ci nous donne la possibilité de l’être plus encore.

C’est ainsi que Facebook permet à des parents intrusifs et envahissants de l’être plus encore.

Un adolescent de l’Arkansas gêné par les intrusions maternelles a porté l’affaire devant les tribunaux. Non seulement sa mère était son amie sur Facebook, mais elle avait utilisé ses identifiants pour poster en son nom [source]

Bien sûr, la mère avait d’excellentes raisons : elle avait lu sur la page de son fils que celui ci avait roulé au delà de la limitation de vitesse. Et elle ne désespère pas que le tribunal lui donne raison

Les relations entre les parents et les enfants sont … compliquées comme on dit sur Facebook, ce qui vaut quelques faux-pas que le digiborigène anonyme se hâte de collecter.

 

Si vous cherchez quelque chose d’un peu moins #LOL sur les relations parents enfants Welcome to Facebook: How Facebook Influences Parent-Child Relationship  montre que Facebook sert de médiateur dans les relations parents – enfants : il ouvre des conversations, ce qui, au moment de l’adolescence, peut être extrêmement précieux.

mardi 28 septembre 2010

Fellation trop chère

 

The Tongue

 

Cela ne vous aura sans doute pas échappé : Rachida Dati a fait un lapsus dans lequel la fellation vient à la place de l’inflation. “J’ai juste parlé un peu trop vite” a-t-elle commenté, sans doute là aussi un peu trop vite.

Je ne comprends pas que le personnel politique soit tout à fait incapable de reconnaitre un lapsus. Après tout, tout le monde a un inconscient, et l’émergence d’un désir dans un discours très formaté est plutôt une bonne nouvelle. Malheureusement, après ces petits bonheurs de l’inconscient, ce qui vient est plutôt la rationalisation voire même le déni.

On doit à Sigmund Freud d’avoir rapproché le lapsus du rêve et d’en avoir fait une formation de l’inconscient. Comme le rêve, le lapsus témoigne pour Freud  d’un désir inconscient qui peut transparaitre de façon plus ou moins directe. Les neuropsychologues y voient un trouble de l’attention. Du fait d’un relâchement attentionnel, le discours est moins contrôlé et s’égare.

Dans psychopathologie de la vie quotidienne, Freud cite le président du Reichtag autrichien ouvrant la séance par un : « Messieurs, je constate la présence de la majorité des membres et déclare donc la séance fermée... pardon, ouverte... ». L’erreur est interprétée par Freud comme le signe d’un dévoilement de désir : il ne souhaite nullement que la séance s’ouvre. Il voudrait déjà en parler au passé.

Les politiques, grands orateurs, nous offrent ne nombreux lapsus :

"le Conseil Constitutionnel rendra sa démission demain ..." Dominique de Villepin à la place de “rendra sa décision demain”

“Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel”. Nicolas Sarkozy

"J’ai lancé toutes les procédures pour renforcer la fraude fiscale” Eric Woerth

“J'ai rappelé au Premier ministre autrichien” Lionel Jospin, en parlant du premier ministre Hongrois" 

Je ne crois pas à la démo…gagie” Jean-Pierre Raffarin

“Monsieur Louis Valéry Giscard d'Estaing” ...Christine Lagarde s’adressant à Louis Giscard d’Estaing,  fils de l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, sur une question sur le fonds stratégique d'investissement.

Et vous, quel est votre lapsus préféré ?

mardi 21 septembre 2010

Des contrôles et des supervisions dans Second Life

Bien sûr, ce n’est encore que de la psychologie fiction. Du moins sur le domaine francophone. Car sur le domaine anglophones  en ligne existent depuis plus de dix ans. L’International Society for Mental Health Online a donné des guides de bonnes pratiques qui me semblent solides. On voit maintenant s’établir sur Second Life des thérapeutes comme Edina Renfro-Michel et Kate Antony fondatrices du  Online Therapy Institute

Cependant, Second Life reste un environnement peu propice aux prises en charges thérapeutiques parce que la confidentialité y est compromise comme le fait remarquer une des thérapeute du Online Therapy Institute dans l’interview donnée au Metaverse Journal. On y trouve d’autres questions intéressantes comme les limites des indications du travail en ligne, le sens de la présence en ligne, la nécessité donnée au patient de vérifier en ligne les compétences du praticien.

Kate Antony a écrit un court mémoire (30 pages) sur The nature of the therapeutic relation ship within online counselling et quelques autres papiers.

Sur la façon dont les pratiques psychothérapeutiques se sont mises en place, vous pouvez lire Psychotherapie en ligne - histoire questions éthiques et processus

dimanche 19 septembre 2010

La pyramide des besoins en ligne de Maslow

Have you ever posted this one before? You guys have too many awesome charts it’s so hard to keep up! ;)
It’s new to us!

 

Vu sur l’excellent I love charts une hiérarchie des besoins en ligne. Ou vous situez vous ?

La pyramide des besoins de Maslow est très utilisée par les anglo-saxons même si Maslow n’a jamais parlé de pyramide dans son texte A hierarchy of human motivation. Mais l’habitude a été prise de la présenter de la manière suivante.

Pyramide de Maslow

vendredi 17 septembre 2010

Les professionnels de santé européens s’inquiètent de la dégradation des soins

Desert Leader

Les professionnels de santé s’inquiètent de la dégradation continue de l’accès aux soins. Ce n’est pas une situation spécifiquement française : toute l’Europe est concernée.

Les personnes en situation de fragilité se heurtent à des barrières administratives, des discriminations, des injonctions ou des obligations de dénonciation qui les éloignent des soins

La pétition peut être signée ici. On y trouvera également d’autres liens pour mieux comprendre la situation.

 

Crédit photo Desert Leader par Hamed Saber

dimanche 12 septembre 2010

Formation à la psychothérapie : ouverture de la boite à Pandore

  Alors que le décret d’application sur le statut de psychothérapeute vient 'd’être promulgué, on voit apparaitre dans la blogosphère les propositions à la formation de psychothérapeute. Cela montre a quel point la profession est insuffisamment préparée à ce qui s’annonce comme un marché juteux.

Les annonces et diverses publicités sur la question occupent d’autant plus facilement le terrain que les associations de psychologues ou de psychothérapeutes sont insuffisamment présentes sur le réseau. Pourtant, il y a matière à débat ou à question lorsque l’on voit les propositions faites par exemple par Therapeutia : 3 fois 26 journées sur trois ans, et vous voulà psychothérapeute.

Le programme est taillé pour correspondre exactement à la toute nouvelle  législation française : formation aux différentes approches, connaissances scientifiques etc. etc. ect.  Malheureusement, lorsque l’on parcourt le catalogue de Therapeutia, on trouve des approches thérapeutiques plus qu’exotiques : cela commence avec la PNL à “l’approche épigénétique de la santé”, en passant par l’EMDR, le reiki, l’auto-tipi ou la retraite psycho-spirituelle.

 

Mon conseil du dimanche : si vous voulez vous former à la psychothérapie, faites le avec un organisme qui  forme à une seule technique parmi les trois techniques reconnue (thérapie systémique, cognitivo-comportementale, psychanalyse).   Dans ce domaine, le mélange donne toujours de mauvais résultats

Quand l’adolescent cherche ses pairs

Colloque Fil Santé Jeunes

Fil Santé Jeune et l’Ecole des Parents et des Educateurs organisent un colloque le 11 octobre 2010 à l’espace Reuilly, Paris.

Vous pouvez vous y inscrire en remplissant le formulaire, en téléphonant au  01 44 93 44 64 - Fax : 01 44 93 44 89 ou en envoyant un mail  colloque [at]epe-idf.com

 

samedi 11 septembre 2010

Psychanalyse du kamikaze

Le titre est sans doute surdimensionné pour ce qui suit mais j’ai trouvé le point de vue suffisamment intéressant pour le partager.

Les psychanalystes se sont assez rapidement intéressé à la question de l’agir. L’acte, suspendu dans le cadre de la cure, y faisait parfois retour sous des formes curieuses. Comment le comprendre ? Comme une attaque contre le dispositif thérapeutique ? Contre le psychanalyste ? Comme une parole qui ne peut se dire ? Le travail avec les enfants, puis avec des médiateurs comme la peinture ou avec des dispositifs comme le psychodrame psychanalytique a permis d’améliorer la compréhension de l’acte.

Bernard Chouvier donne de l’acte du kamikaze une interprétation kleinienne articulée à la question de l’idéologie comme infestation.

 

“le kamikaze incarne, si l’on peut dire, les puissances thanatiques. Il place son énergie vitale au service de la mort qui devient l’unique finalité. Le sacrifice de l’autre est lié dans l’immédiateté au sacrifice de soi. L’acte est ici la condensation instantanée de la destruction du mauvais objet et de la fusion avec le bon objet. Le fantasme de fin du monde lié à la position paranoïde devient un fantasme agi avec la réalisation concrète de l’auto-sacrifice du kamikaze. En se faisant exploser lui-même avec sa bombe, il rend effectif l’anéantissement du monde concomitamment à son propre anéantissement. L’acte a quelque chose de magique. Puisqu’il parachève le processus entrepris d’infestation idéologique, le geste du kamikaze autorise le passage d’un monde à l’autre, au sein d’une conflagration vécue imaginairement comme créatrice. Le monde ancien disparait dans l’apothéose du Grand Soir, pour laisser place au monde nouveau de nature paradisiaque. La chute du premier est la condition même de l’advenue du second. Il n’est plus besoin d’attendre, de cette attente devenue interminable, insupportable pour le fanatique, le bonheur suprême est à portée de la main. Un seul geste suffit pour déclencher soi-même l’apocalypse. L’arme est redoutable pour qui sait inféoder à son corpus idéologique quelques sujet suffisamment convaincus. Le cataclysme interne redouté par le fanatique et pour se préserver duquel il est prêt à passer à l’acte, devient soudain le symbole suprême de l’entrée imminente dans l’autre monde, celui tant espéré de l’idéalisation absolue. Le kamikaze effectue l’union parfaite entre la construction fantasmatique, la représentation idéalisée en lien avec une croyance groupale et l’acte fanatique à valence expressément destructrice. La rencontre des trois éléments constitue, pour le sujet qui se sent victime de persécution, pour ses idées, le mode radical de résolution des contradictions internes qui l’ont conduit au clivage de l’objet. La suppression explosive du mauvais objet met en oeuvre, par le fait même de l’acte, l’ouverture au bon objet. Comme dans la vision apocalyptique de Saint-Jean, l’opposition manichéenne des deux mondes s’achève dans une conflagration créatrice qui fait advenir le monde de la perfection enfin effective” Bernard Chouvier, Donner corps au fantasme, in Chouvier B. & Roussillon, R., Corps, acte et symbolisation. Psychanalyse aux frontières.

 

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DU Addictions – Cliniques des risques et dépendances

DU Addictions Diderot

Les inscriptions au DU Addictions Cliniques des risques et dépendances sont ouvertes pour l’année universitaire 2010-2011. Il abordera les multiples facettes l’addiction : la nosographie, la comorbidité, le point de vue des neurosciences, etc. Le DU est divisé en une partie théorique qui comprend un cycle de 21 conférences, et une partie pratiques qui comprend un stage (qui peut être le lieu de travail) et un groupe de supervision

Vous pourrez avoir plus d’informations sur ce lien.

 

jeudi 9 septembre 2010

La femme qui oubliait chaque nuit

Les grandes avancées en psychologie se sont souvent faites au travers de l’examen de cas exemplaires. On se souvient par exemple de ce que nous devons à H.M. pour la compréhension des structures cérébrales impliquées dans la mémoire.

Les neuropsychologues sont confrontés au cas d’une femme de 48 ans qui oublie chaque nuit ce qui s’est passé dans la journée. Le phénomène s’est installé après un accident de voiture en 2005. Du fait de l’absence de lésion cérébrale, FL (c’est le nom qui lui a été donné)a d’abord été prise pour une simulatrice. Des tests plus poussés ont montré que FL pensait oublier ce qui lui était arrivé la veille. Consciemment, elle n’a pas accès à ces informations, mais elle peut les restituer lorsqu’elle n’en a pas conscience.

Les chercheurs ont été étonné de voir a quel point les symptômes de FL ressemblent à ceux de l’héroïne du film Amour et amnésie. FL dit ne pas avoir vu le film mais être fan de Drew Barrymore qui joue le rôle principal

Il a été établit que FL peut dormir entre quatre et six heures par nuit sans présenter d’amnésie rétrograde. Elle se tient à se régime en se réveillant toutes les trois heures et demi de sommeil.

Il n’y a malheureusement pas eu d’investigation psychodynamique qui permettrait d’avoir quelques lumières sur la structure de la personnalité de FL et notamment de répondre a l’hypothèse qui vient immédiatement à l’esprit : hystérie ?

 

 

Smith, C., Frascino, J., Kripke, D., McHugh, P., Treisman, G., & Squire, L. (2010) Losing memories overnight: A unique form of human amnesia. Neuropsychologia. DOI: 10.1016/j.neuropsychologia.2010.05.025 Losing memories overnight: A unique form of human amnesia

mardi 7 septembre 2010

Lotorité

Bingo 1 to 9 squircle mosaic

Depuis quelques temps, on voit fleurir dans les magazines féminins des articles sur l’éducation des enfants. Il s’agit là d’un sujet aussi infini que passionnant, hélas l’angle abordé est trop souvent l’autorité. Les choses se passent comme si éduquer un enfant était le soumettre à l’autorité des adultes. Il y a là au moins deux erreurs. La première consiste à réduire l''éducation à la question de l’autorité. Ou sont l’accompagnement ? La découverte ? Le soutien ? La transmission ? La seconde est de penser qu’un enfant éduqué est un enfant soumis.

On en arrive a des “conseils” qui justifient tout simplement la violence des grandes personnes envers les petites personnes. On trouve par exemple dans Avantages n° 265 du mois d’Octobre 2010 un encart3 bonnes façons de le “mater”” qui est tout à fait explicite. L’illustration redouble la violence du texte : une femme, la main levée, est derrière une enfant et la menace. Si un parent a quelques doutes quand à la violence qu’il peut exercer sur son enfant, les voilà rapidement effacés. Ou y apprend que “mater” son enfant, c’est faire preuve d’autorité et cela est une bonne chose qui donne envie de grandir, aide à supporter les frustrations et rassure.

Que la violence des adultes donne envie de grandir, tout enfant qui en a fait les frais pourra le dire : tous rêvent d’être aussi grand que leur agresseur pour pouvoir se défendre ou lui rendre la pareille. Et une fois devenus grands, certains réussissent a réaliser ce désir auprès de leurs propres enfants.

Que supporter la frustration soit un but éducatif est tout simplement une perversion de l’éducation. Eduquer un enfant ce n’est pas le former à être passif devant les obstacles mis devant ses désirs. C’est l’aider à reconnaitre ces désirs et l’aider à construire les moyens de les réaliser lorsqu’ils sont conformes à l’éthique de sa société.

Enfin, que l’autorité rassure est vrai pour autant que l’on soit au contact d’un adulte qui ait autorité sur ses propres pulsions. En quoi est ce que éducatif de demander à un enfant de sursoir à ses désirs quand on est soi-même incapable de suspendre ses propres désirs agressifs ?

Car, disons-le clairement. Il n’y a qu’une seule raison qui justifie le fait d’être violent avec un enfant. La force. L’enfant est petit, incapable de se défendre. L’adulte peut donc se laisser aller en toute tranquillité à sa violence. La culpabilité qu’il risquerait de ressentir est par ailleurs amoindrie par des “conseils” tels que ceux qui sont donnés par l’article. Pourquoi se priver d’être violent alors que c’est pour le “bien” de l’autre ?

Jusqu’à cinq ans, c’est adulte qui décide” peut-on lire Et plus loin “On a pas à lui expliquer pendant des heures pourquoi il doit se coucher , c’est au-delà de sa compréhension. On le met au lit. point”. Mais comment quelqu’un peut-il décider du désir de dormir de quelqu’un d’autre ? Et comment un enfant, même à 1 jour de vie, ne peut il pas comprendre qu’il est au bord de quelque chose qui lui est utile est nécessaire, et qu’il n’arrive pas à accéder ?

Les mesures du type “c’est l’adulte qui commande” ne servent qu’à créer de la souffrance et de la névrose. Ou l’enfant grandira en étant révolté comme toute sorte d’autorité, ou il se montrera incapable de faire preuve d’esprit critique dès lors que l’autorité sera invoqué. Dans un cas il sera inadapté à la société parce que en lutte avec les fantômes de son passé. Il révoltera sans cesse devant toute devant toute forme d’autorité.  Dans l’autre, il sera très adapté à la société mais passera sa vie à être exploité par les autres, et parfois même par ses propres enfants.

L’autorité dont il s’agit dans l’éducation est une autorité sur soi-même. Pas sur l’enfant. C’est avoir autorité sur ses propres pulsions, sur son agressivité comme sur ses désirs sexuels qui éduque un enfant par la force de l’exemple. Faire preuve d’autorité avec un enfant, c’est moins lui interdire que le défendre. C’est parce que la réalisation d’un désir sous cette forme là lui est préjudiciable qu’il lui est demandé d’y sursoir. Et cela nécessite, parfois, un accompagnement.

Par exemple, laisser un petit enfant incapable de s’endormir seul dans sa chambre, c’est lui faire faire l’expérience de l’esseulement et de l’abandon. C’est lui donner les briques avec lesquelles il va construire sa névrose. C’est jouer au Loto avec son psychisme. C’est, tout simplement, le maltraiter. Prendre le temps de l’accompagner vers le sommeil, c’est reconnaitre avec lui la nécessité du sommeil et la difficulté dans laquelle il est de l’obtenir, et c’est lui donner l’expérience qu’il est soutenu.

 

Les enfants, leurs difficultés passagères ou durables, sont un miroir tendu aux adultes. Trop souvent, les adultes s’effraient de l’image qu’ils perçoivent  et réagissent agressivement. Mais il y a là aussi des occasions de richesses extraordinaires : l’exercice de la reponsabilité, la rencontre avec un autre être humain, la reconnaissance de l’autre dans ce qu’il a de différent

 

Mots clés Technorati : ,,,

Crédit photo : Bingo 1 to 9 squircle mosaic par Leo Reynolds

mercredi 11 août 2010

La talking cure sur grand écran

Aragorn Will Replace Hans Landa as Freud

Le prochain film de David Cronenberg s’appellera The talking cure et aura pour principal sujet la préhistoire de la psychanalyse. Le film est une adpatation de la pièce éponyme de Christopher Hampton qui décrit les relations de Sigmund Freud, Carl Gustav Jung et Sabina Spielrein. Keira Knightle tiendra le rôle de Sabina Spielrein, Michael Fassbender celui de Carl Gustav Jung et Sigmund Freud sera joué par… Viggo Mortensen

Il faut dire que les relations entre ces trois personnages ont été plus que mouvementée et qu’elle a été déjà été portée sur les planches ou au cinéma :

Je suis sûr que les spectateurs du film seront aussi pinailleurs que les fans de Lord of The Ring. Rappellerai-je que l’époque de la Talking cure est préalable à la rencontre Freud-Jung, que le mot est d’une patiente du docteur Joseph Breuer et…

 

Sur Sabina Spilrein, vous pouvez lire sa contribution à l'histoire de la psychanalyse

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dimanche 1 août 2010

Derriere les blogues - Kidipsy

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Troisième blogue féminin de la blogosphère psy* francophone, Kidipsy est aussi le seul qui affiche le nom de sa propriétaire dès les en-têtes. Cécile Bruntz fait part de des réflexions que lui inspirent son travail. L’écriture y est à la fois légère et retenue ce qui ne l’epèche pas de réussir à faire partager des moments du travail du psychologue.

Si le travail du psychologue avec les enfants et leurs familles vous intéresse, Kidipsy est pour vous.

 

 

Comment êtes vous devenu bloggeuse ?
Le blogue est venu à l'occasion d'une évolution professionnelle puisqu'après 6 années de travail en institution, j'ai franchi un cap en m'installant en libéral. Aujourd'hui je partage mon temps entre un I.M.E. et pratique en cabinet. A l'époque, plusieurs personnes m'ont suggéré de tenir un blogue ce qui a suscité ma curiosité. En lisant d'autres blogs de psy, j'ai apprécié le côté très humain qui s'en dégageait tout en gardant valeur informative et  pertinence sur la pratique du psychologue. J'ai eu envie d'apporter ma pierre à cet édifice.


Quel est le but de votre blogue ?
A l'origine, les personnes qui m'ont conseillé de tenir un blogue pensaient en terme de présence sur le net, ils y voyaient un moyen supplémentaire de me trouver. C'est probablement en partie vrai, mais très vite le blogue a pris une tournure différente pour moi. Au fil de l'écriture, le blogue m'a rappelé que dès l'époque de mon 3ème cycle de psychologie j'avais besoin d'écrire, questionner la pratique, poser mes idées et hypothèses, lier clinique et théorie. Le blogue était un support idéal pour diffuser mes idées sur des questions de psychologie qui sont liées de près ou de loin à ma pratique. Et parfois elles ne sont absolument pas liées au métier mais à des questions plus larges.
Les échanges avec les lecteurs, collègues et visiteurs de passage qui commencent à être récurrents et fréquents n'ont fait que me confirmer la pertinence de tenir un blogue pour un professionnel.

Comment est venu le nom du blogue ?
C'est une question que l'on m'a souvent posé car les gens soupçonnent un jeu de mots dans le nom de mon blogue. Et ils ont raison! C'est autour d'un café en discutant avec mon compagnon de l'idée de monter mon blogue qu'un brainstorming hilarant nous conduit sur Kidipsy, un blog consacré à la psychologie de l'enfant (sa vocation initiale). Mais aussi ''qui dit psy, dit mon blogue'' mais ça c'était avant de découvrir les blogues antérieurs au mien.Voilà pour la petite histoire.

Etes vous aussi sur Twitter ou d’autres plates formes sociales ? Comment ces comptes interagissent avec le blogue ?
N'étant pas une geekette par nature le blogue était déjà un grand pas, je ne me suis pas encore penchée sérieusement sur les plates formes sociales. Ceci dit à force de voir mon entourage les utiliser de façon personnelle comme professionnelle, je songe de plus en plus à m'y plonger. C'est une question que je vais creuser.

Comment est ce que le blogue affecte votre travail ?
La réflexion et la veille menée autour du blogue, puis l'écriture des articles sont chronophages mais au fond tout cela enrichit ma pratique. Un autre effet, inattendu celui-là, est lié au fait qu'un patient qui a lu le blogue avant de venir consulter va être plus rapidement dans une relation de confiance ce qui est bénéfique pour le travail de thérapie. C'est probablement lié au fait qu'il a choisi son thérapeute plus ou moins en sachant quel type de personne il allait trouver, si on postule que les écrits reflètent bien la personne.

Quel matériel utilisez vous pour bloguer ? Quelle plate forme / CMS avez vous choisi et pourquoi ?
Comme je le disais plus haut, n'étant pas une geekette j'ai choisi une solution clé en main qui me permettait de me concentrer sur l'écriture et la qualité du contenu. J'ai donc commencé sur la plate forme overblog qui est assez simple et permet de s'affranchir des aspects les plus techniques. Néanmoins, entre temps j'ai participé à la rédaction du portail Autisme Infantile qui tourne sous wordpress. Cela m'a permis de démystifier en partie les aspects techniques et peut-être que je passerai plus facilement sur ce type de plateforme.

Quels blogues lisez vous régulièrement ?
Au fil du temps, je me suis constituée une liste de mes blogs préférés. Parmi eux, il y a des blogs de collègues psychologues que j'ai connu au moment où j'ai lancé le mien : blog de psy, le blog du spykologue. J'ai découvert récemment ton blog psychologik qui rejoins d'ailleurs ma liste sans plus tarder. J'apprécie beaucoup de lire des blogs d'autres professionnels de santé: dix lunes, desperate orthophoniste, un infirmier dans la ville.
Comme je m'intéresse aux questions de parents, je lis aussi des blogs de parents avec une nette préférence pour ceux qui ont un ton humoristique ou décalé comme le blog de la poule pondeuse, le blog des mauvaises mères et le blog d'e-zabel une maman parisienne pas parfaite.


Comment vient l’inspiration pour les nouveaux billets ?
Les mystères de l'inspiration! Tout participe un peu, des situations croisées ici ou là, des lectures, une information. Quand ça m'interpelle je prends toujours la peine d'y réfléchir. Pour autant tout ne devient pas article du blogue.


Avez vous des contraintes d’écriture ?
Ma contrainte majeure: ne jamais écrire des histoires, ou de cas de patients car mon blog n'est pas anonyme. Si un cas m'inspire un article cela sera plus sur une problématique générale, un questionnement qui a été évoqué.
Ma “ligne éditoriale” est aussi une contrainte que j'essaie d'assouplir. A l'origine je voulais une orientation quasi-exclusive sur la psychologie de l'enfant, mais avec le temps j'ai envie de me laisser plus de libertés.


Quelques conseils à un blogueur débutant ?
Si j'avais quelques conseils à donner, ça serait ceux qu'on m'a donné quand je me suis lancée dans cette aventure. Prendre du plaisir à écrire, ne pas se forcer à écrire tous les jours ou quand on n'a rien à dire. Donner un point de vue personnel est à mon avis primordial.
Commenter les autres blogs pour aller à la rencontre de leurs auteurs et s'enrichir de leurs points de vue, confronter sa pensée. Répondre le plus possible aux lecteurs qui laissent des commentaires sur votre blogue.


Quelle question ai je oublié ?
Alors vous-êtes partant pour la 1ère conférence-débat des psychologues blogueurs?

samedi 31 juillet 2010

Derrière les blogues - Psyblog

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Avec trente années d’exercice au compte, Psyblog est le doyen de la communauté francophone de psy* blogueurs. On y trouve des billets très personnels et des moments de travail avec le psychothérapeute. Ces derniers concernent le plus le travail avec les enfants et leurs parents.

 

Comment êtes -vous devenu blogueur ?
J'allais dire "par hasard"... mais pas tout à fait. J'ai toujours eu envie d'écrire, et suite à un passage par les forums de psychologies.com; j'ai découvert les blogs. Ca m’a paru un fantastique moyen d' écrire et de partager mes compétences et mes réflexions de psy.


Quel est le but de votre blog ?
Hmmm... question difficile. Le premier "but" est de dire ce que j'ai à dire. Le second, plus confus et à la fois plus précis, est d'amener mes lecteurs à réfléchir, de témoigner de ce que je vis en tant que psy -et en tant qu'homme psy.  C'est à la fois très égoïste et très altruiste... j'aime partager, rencontrer, apporter ma petite pierre à la marche du monde.


Comment est venu le nom du blog ?
Comme ça... Spontanément. Je voulais clairement annoncer que c'était un blog... d'un psy.

 

Etes vous aussi sur Twitter ou d’autres plates formes sociales ? Comment ces comptes interagissent avec le blogue ?
Non, aucune présence sur aucun réseau internet dit "social". Sauf en nom personnel... mais là je ne suis plus "psyblog" .


Comment le blog affecte votre travail ?
Il enrichit ma réflexion et mes connaissances de l'humain. ET me permet un contact différent avec "les gens".


Quel blog lisez-vous régulièrement ?
Voir la liste des blogs "que je lis régulièrement". Blogs amis, d'ami(e)s, de psy, de gens au hasard de mes voyages dans les rues des blogs.


Quel matériel utilisez vous pour bloguer ?  Quelle plate forme / CMS avez vous choisi et pourquoi ?
Ordi portable, plate-forme "psychologies.com. CMS ? je ne sais pas ce que ça veut dire.


Comment vient l'inspiration pour des nouveaux billets ?
Des situations professionnelles que je vis au jour le jour, et de ma vie, de mes réflexions perso, de mes envies... je me sens très libre sur mon blog... la seule "chose" que je préserve est mon identité véritable, par respect pour mes patients.


Contrainte d'écritures ? Non, aucune, sinon la préservation de l'identité de mes patients, donc des lieux et des noms, et de ma propre identité.


Quel conseil à un blogueur débutant ?
Aucun... je ne sais pas donner de conseils... Le seul peut-être que je pourrais avoir envie de donner est peut-être d'être vrai... mais ça dépend ce qu'on cherche à travers l'écriture d'un blog

mercredi 28 juillet 2010

Derrière les blogues – Le blog de Jack_Addi

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Jack_Addi fait partie des personnes que j’ai connu sur des forums, et c’est avec plaisir que je l’ai vu apparaitre dans la blogosphère. Le ton est volontiers ironique, parfois même caustique, et son l’orientation du blogue psychanalytique et lacanienne.

Si vous aimez Lacan, et une pointe de provocation, alors ce blogue est pour vous.

 

Comment êtes vous devenu bloggueur ?

Ancien "forumeur" très actif sur le site de la FFPP, et appréciant de pouvoir échanger des réflexions sur ma profession avec d'autres collègues, j'ai fini par quitter ce forum, étant en très profond désaccord avec les orientations prises par la FFPP. Bien que son forum fût alors le forum le plus "pro" (les autres sont souvent d'un niveau oscillant entre "effroyable" et "affligeant", sans parler des libertés éthiques...) c'était très difficile pour moi de continuer à m'y rendre... tout comme c'était très difficile de le quitter, car en le quittant je me privait d'une possibilité d'échanger avec des collègues. C'est alors que l'idée du blog m'est venue : une façon de proposer son point de vue sur un sujet et de le faire partager, tout en offrant un minimum d'interactivité avec les lecteurs au travers des commentaires.
Evidemment, cela n'offre pas la même réactivité qu'un forum très fréquenté... Mais j'avoue que depuis que j'ai créé mon blog, je ne me sens plus du tout tenté de me réinscrire sur le site d'une fédération qui utilise le nombre de ses inscrits pour cautionner des positions que je trouve indéfendables.

 

Quel est le but de votre blogue ?

Je dirais que le but du blog a évolué avec le temps... Au début, je recherchais la possibilité essentiellement de communiquer avec d'autres collègues... J'avais même proposé à quelques collègues de l'alimenter avec moi en articles, leur assurant de gérer le côté "édition"... Mais pour des raisons qui leur appartiennent et qu'il ne m'appartient pas de commenter, ils n'ont pas pu y participer... Par ailleurs, le blog tardant à se faire connaître dans ses premiers mois d'existence, le désir d'interactivité étant loin d'être satisfait, mon rapport au blog s'est modifié... et il s'est davantage transformé en atelier de réflexion personnelle... La fréquentation du blog ayant fini par décoller un peu, et notamment au travers d'échanges avec d'autres bloggeurs très actifs, la question d'interactivité est en train de devenir satisfaisante aussi.

Mais... Ne plus retourner sur le site de la FFPP est déjà une bonne raison en soi à l'existence de ce blog  :-D !
Plus sérieusement, il s'agit surtout aujourd'hui d'une occasion pour moi de mettre en ordre mes idées sur certaines questions afin de les rendre intelligibles et transmissibles. Ce travail d'écriture est d'abord un travail de clarification (oserai-je dire de "secondarisation" ?) pour moi-même... En suite, il s'agit de "l'adresser au Grand Autre" de la toile en en attendant ses éventuelles réactions... pouvant valider certains points, ou en questionner d'autres...
Ce qui est décevant sur les blogs, c'est que les réactions des lecteurs sont souvent quelque peu clivées. Je m'explique : soit on est d'accord avec vous, et on prend le temps de vous le dire... soit ce que vous dites provoque de vives réactions de rejet, voire des commentaires insultants... Mais il a peu d'entre-deux... Les gens qui trouvent votre blog peu intéressant ne s'y attardent pas et ne vous disent pas pourquoi... ne s'intéressant pas suffisamment à ce que vous faites pour s'attarder à vous laisser un commentaire... Il y a bien quelques lecteurs réguliers qui parfois ouvrent des questionnements plus nuancés, mais sur le nombre total des connexions, ils représentent une infime minorité.


Comment est venu le nom du blogue ?

Il est tout simple : C'est le blog de Jack_Addi... Jack_Addi étant le pseudo sous lequel je m'étais fait connaître en tant que forumeur... Un pseudo que j'avais abandonné un temps parce que trop "marqué" par un ton que certains trouvaient peut être trop incisif... Mais on ne leurre pas les gens par un changement de pseudo...  Parce que le naturel qu'on chasse revient au galop...  Les intervenants régulier des forums que je fréquentais me reconnaissaient vite... Et mine de rien... Malgré différentes tentatives de changement de pseudos... c'est celui de "Jack_Addi" qui avait marqué les esprits... Et force est de constater qu'après l'ouverture du blog, certaines personnes avaient gardé en mémoire qui j'étais alors que sur les forums très fréquentés, on peut se retrouver assez vite noyé dans un certain anonymat.
Bref, je m'étais dit que quitte à créer un blog, la moindre des choses c'était de le faire d'une façon qui puisse annoncer clairement la couleur du contenu.


Etes vous aussi sur Twitter ou d’autres plates formes sociales ? Comment ces comptes interagissent avec le blogue ?

Je n'accroche à pas Twitter, et à l'idée d'une connexion quasi permanente, pour des échanges très brefs... Et souvent à caractère très privés... Je n'ai pas trop envie de raconter ma vie privée sur le net... C'est peut être aussi  pour cela que je reste très attaché à l'anonymat du pseudo (je sais, je sais... vous n'êtes pas d'accord avec ça... ;-D)... Pour Facebook... Je n'étais pas trop intéressé à la base... Je n'ai pas besoin de Facebook pour rester en contact avec mes amis (ils ont mon No de téléphone et mon e-mail !), et je ne ressens pas le besoin de m'inscrire sur un site pour me faire de nouveaux amis. Je trouve ça un peu artificiel... Voire parfois indécent, la façon dont on peut parfois révéler autant de choses sur soi et les rendre publiques... Pour moi, les amitiés ça se créé au hasard des rencontres, dans le dévoilement et la découverte progressive de soi et de l'autre; c'est ça qui en fait tout le charme et le mystère... C'est une aventure pas si différente que cela de l'aventure amoureuse d'ailleurs (c'est de la même libido dont il s'agit après tout !)... Bref, si j'osais... je dirais que... le faisan trouvé à la chasse est bien plus goûtu que la poule élevée en batterie !
Sinon, pour faire connaître mon blog... j'ai tout de même essayé l'autre fois de créer un compte Facebook... mais manifestement, je n'arrive pas à m'en servir... J'ai donc préférer renoncer...


Comment est ce que le blogue affecte votre travail ?

Je n'ai pas l'impression que cela affecte tant que cela mon travail... En tout cas négativement. Peut être que, la recherche de nouvelles idées d'articles me conduit à me documenter davantage, à me tenir davantage au courant de ce qui se passe dans mon horizon professionnel élargi en ne restant  pas seulement cantonné à mon cadre de travail quotidien...  Ce qui ne peut qu'à terme enrichir ma pratique. Par ailleurs, la rédaction des articles m'oblige à faire un effort de construction intellectuelle que je peux être amené à réutiliser...


Quel matériel utilisez vous pour bloguer ?  Quelle plate forme / CMS avez vous choisi et pourquoi ?

J'ai ouvert un compte et donc un blog chez overblog. Ce qui m'a intéressé c'est la facilité d'utilisation. Avant tout je suis psy... pas informaticien... Ni Geek ! Je ne fais pas partie de la génération qui a grandi avec l'ordinateur comme premier camarade de jeu. La micro-informatique de loisir connaissait ses premiers développement lorsque j'étais ado... Mais cela restait très cher et pas très accessible pour le grand public comme aujourd'hui. Comme je ne suis pas totalement stupide et que je vis un minimum avec mon temps, j'ai réussi à m'y mettre, sans que ça me passionne plus que cela... Mais... Bon... il ne faut pas non plus que ce soit trop compliqué... J'ai déjà assez à faire avec Lacan... :-D


Quels blogues lisez vous régulièrement ?

"psychologik" bien entendu !... Le blog de JC Dardart... Psyblog... et surtout... Le blog du Spykologue


Comment vient l’inspiration pour les nouveaux billets ?
En fonction de l'actualité du petit monde des psys et de la psychanalyse... que je surveille régulièrement sur la toile au travers des différents sites spécialisés... Et dans une moindre mesure à partir de quelques anecdotes personnelles tirées de ma vie professionnelle.


Avez vous des contraintes d’écriture ?

Celles que je me fixe pour faire vivre mon blog et satisfaire l'intérêt de mes lecteurs réguliers. Pendant les trois premiers mois de vie de mon blog, je tentais de faire un article par jour (sauf le dimanche) voire parfois plus... Evidemment ça devient vite intenable à moins de bâcler des articles sans grand intérêt ou redondants... Alors j'ai fini par me fixer un minimum de deux articles par semaines, et un maximum de trois si une actualité particulière le réclamait. Cela me permet de davantage soigner les articles, et de me répéter moins. Et si l'inspiration me fait écrire plus, je garde les articles en réserve pour les périodes où je serais un peu trop sec...


Quelques conseils à un blogueur débutant ?

Aucun en particulier... je ne me sens pas légitime pour conseiller un blogueur ! On ne peut pas dire non plus que mon propre blog soit un si franc succès, même s'il a trouvé son lectorat. Le seul truc que je dirais... ce serait en tant que simple lecteur : par pitié : si au bout de trois articles vous laissez tomber... alors supprimez votre blog! ça allégera les recherches !!!

 

Quelle question ai je oublié ?

Ben ça... c'est à vous de voir... Mais si ça vous revient, n'hésitez pas à me la poser !