dimanche 11 juillet 2010

Les 12 mauvaises habitudes des psychothérapeutes

Voilà douze mauvaises habitudes que les patients n’aiment pas voir chez leur psychothérapeute. J’en ai compté douze mais je pense qu’il est possible d’aller au-delà tout simplement parce que les psychothérapeutes sont des êtres humains, avec leurs travers comme leurs bons cotés. Mais, dans le cas des psychothérapeutes, on est en droit d’attendre que ces traits de caractère ou ces conduites ne saturent pas l’espace psychothérapeutique.

 

Avoir toujours raison. Le psychothérapeute a à sa  disposition tout un attirail théorique qui lui d’expliquer au patient qu’il a toujours  raison. La résistance, les fausses perceptions ou les erreurs de jugement peuvent facilement être évoqués pour venir en aide au narcissisme du psychothérapeute ou assoir ses positions d’emprise. Les effets sont d’autant plus désastreux que la relation psychothérapeutique est asymétrique : le patient est dans une situation de fragilité psychologique et pare le psychothérapeute de pouvoirs qui, pour être imaginaires, n’en sont pas moins efficaces.

 

“Poker face” C’est presque une figure d’Epinal : le psychothérapeute silencieux et un patient dans un silence en miroir. Et dans un désarroi qui s’accroit de minutes en minutes. Certains patients passent des mois ainsi et d’autres s’enfuient épouvantés après la première rencontre.  Doit-on penser que certains patients sont inaptes à la psychothérapies ? Ils le sont en tout ça de façon temporaire et il faut les aider à utiliser l’outil – la psychothérapie – qui est mis à leur disposition.

 

Etre retard. Il peut arriver qu’une consultation ou plus rarement une séance de psychothérapie se poursuive au-delà du temps prévu par le psychothérapeute, le mettant ainsi en retard pour ses rendez-vous suivants. Tous les patients – le terme ici s’impose – le comprennent aisément. Mais être régulièrement en retard est un mauvais tour joué aux patients. Certains y trouveront de quoi satisfaire leurs positions masochistes et trouveront toujours des excuses au psychothérapeute, tandis que d’autre y re-vivront douloureusement des positions abandonniques. D’autres enfin y trouveront des motifs à exercer leur sadisme qui ne pourra pas être travaillés dans le cadre de la psychothérapie puisqu’ils porteront sur des éléments réels et non pas les éléments imaginaires que le patient traduit dans le transfert.

 

Faire part de sa vie privée. Faire part de sa vie privée est un empiétement de la vie psychique du patient. Moins il en sait sur son psychothérapeute, plus le travail psychothérapeutique sera possible. La séance est celle du patient, pas du psychothérapeute ! Le drame est que coté patient, ces transgressions sont vécues comme des confidences, un peu comme un parent en ferait à son enfant. Cela donne à la séance un climat incestueux qu’il ne sera pas possible de travailler parce qu’il est le fait du patient.

 

Abonné absent. Il est évident que le psychothérapeute a besoin de vacances. Mais ne serait-il pas souhaitable qu’il soit joignable en cas d’urgence, ou qu’il laisse a ses patients l’adresse d’un collègue à qui ils pourront s’adresser en cas de nécessité. Pas l’adresse des urgences psychiatriques, mais quelqu’un en qui il a suffisamment confiance avec qui le patient trouvera un relai en attendant le retour de son psychothérapeute.

 

Présent, mais pas à la séance. A coté de l’abonné absent, il y a le psychothérapeute qui répond sans cesse au téléphone ou s’occupe de son animal. Je ne doute pas que certains feront (font ?) des updates sur Twitter ou Facebook pendant des séances. Sans doute sont-ils présents, mais pas au patient qui se trouve en face d’eux.

 

Trop aimer l’argent. L’argent est nécessaire à tous, psychothérapeutes compris. Mais un goût exagéré pour l’argent est un symptôme que l’on ne devrait pas trouver chez un psychothérapeute. Cela ne peut que le conduire à commencer des psychothérapies qu’il ne pourra pas conduire, ou tenter d’empêcher les patients – la combinaison avec “avoir toujours raison" peut se faire – d’arrêter leurs rendez-vous.

 

Manger pendant les séances. Le temps de la séance est un temps dédié au patient. Pas au satisfactions orales du psychothérapeute. Il n’est pas possible d’être attentif au patient tout en étant à la satisfaction de propres besoins. Aussi, le psychothérapeute évitera de transformer la séance en collation.

 

Avoir le mauvais dressing code. Le psychothérapeute n’est pas là pour séduire ou agresser ses patients. Tous les professionnels ont une tenue de travail. Les psychothérapeutes ont aussi la leur. Leur habillement doit être discret et ne pas afficher ostensiblement croyances et idéaux.

 

 Etre accroché à sa montre. Certains psychothérapeutes regardent régulièrement leur montre pendant la séance, donnant l’impression au patient que ce qu’il dit est ennuyeux ou que le psychothérapeute a quelque chose de plus intéressant à faire après sa séance.

 

Etre un puits de théorie. Les théories psychologiques sont sans aucun doute passionnantes. Mais si le patient voulait se perfectionner dans ce domaine, il s’inscrirait dans une faculté de psychologie. Il ne vient pas pour apprendre quelque chose du psychothérapeute mais pour découvrir quelque chose de lui.

 

Etre froid et distant.  Pour ne pas avoir à faire part de leur vie privée certains psychothérapeutes se montrent froids et distants auprès de leurs patients. Pour ceux qui ont du mal à être en lien avec les autres, c’est un mauvais exemple, et pour les autres, c’est une blessure inutile.