mardi 4 mars 2014

Ce que les geeks nous ont apporté







Dans la seconde moitié du 20e siècle, les sociétés occidentales ont profondément changé. La révolution industrielle qui s’appuyait sur la maitrise des moyens de transport et de l’énergie fossile a accouché d’une nouvelle société. Les moyens de communication et l’information deviennent alors de plus en plus importants. Dans la société de l’information, la richesse et la valeur sont de moins en moins produits par des objets concrets et de plus en plus produits par la détention, le stockage, et la transmission de l’information.




Alors qu’elles sont en train de se transformer, les sociétés occidentales des années 1960 sont affectées par une série de révoltes juvéniles. Les boomers rejettent violemment le mode de vie de leurs parents. Même s’ils s’appuient sur des mouvements culturels qui les ont précédé comme l’avant-garde ou le banhauss, ils pronent une nouvelle culture et une nouvelle esthétique. Ce mouvement contre-culturel s’appuie sur l’expérience du vertige, la prise de drogues, le communautarisme, la violence, et les médecines alternatives. Il est le plus souvent représenté par les hippies, mais il est en multiple et bigarré. Une de ses branches est composées de geeks c’est à dire de personne profondémement investies dans un domaine qu’ils explorent sans relache afin d’en connaitre toujours plus. Les geeks ont fait des ordinateurs leur terrains de jeux. Ils vont modifier l’imaginaire des ordinateurs.




Pour les hippies, les ordinateurs étaient associés au pouvoir, à la domination et a la désubjectivation. Ce sont les machines qui étaient responsable du calcul des bombes lachées au Vietnam, ce sont elles qui abrutissaient les ouvriers sur les chaines de production, ce sont encore elles qui calculaient le temps passé a la table de travail. Entre les mains des geeks, elles deviennent des outils au service de la créativité. Les geeks ont en commun avec les hippies un dédain de la hierarchie. Ils ne se préoccupent pas de savoir à qui appartiennent les machines. Ils ne se soucient pas de savoir si c’est l’’armée qui signe le chèque de la ligne budgetaire qui permet d’acheter les ordinateurs. Pour eux, les ordinateurs leur appartiennent et ils en font autre chose que ce pour quoi ils ont été initialement concu




Lorsque Steve Russell code Spacewar! il ne fait pas qu’inventer un nouveau jeu. Il construit un espace qui communique avec les histoires de science fiction qu’il fonctionne. Jouer à Spacewar!, C’est bien davantage qu’être aux commande d’une des fusées. C’est entre dans le film, et circuler dans un espace ou les barrières entre le livre et le cinéma n’existent plus.




Les geeks sont des créateurs et des ingénieurs de mondes. Leurs mondes sont différents des mondes imaginaires qui les ont précédés. Les univers du Seigneur des Anneaux, de Star Trek, ou de Lovecraft ont leur propre cohérence. Par exemple, le monde du Seigneur des Anneaux a sa propre mythologie, ses langues, son histoire, une faune et une flore. C’est de bout en bout un ensemble de règles avec lesquelles il est possible de jouer




Les geeks ont tout d’abord contribué a changer la vision et l'utilisation que nous avons des ordinateurs. Ils ont transformé des machines à calculer en compagnons de vie et de loisirs. En ce sens, ils ont humanisés l’informatique. Il ont ensuite installé au coeur de la culture leur esthétique. Ce qui était aux confins de la culture fait maintenant partie de la culture populaire. Tout le monde sait maintenant qu’un grand pouvoir conduit a de grandes responsabilité, ou que la peur est le chemin vers le côté obscur. Ils ont apporté leur culture de la participation, de la compétence et de l’apprentissage continu. Ils ont construit un espace commun et partagé ou les imaginaires se rencontrent et se recombinent. Inlassablement, il déconstruisent et construisent les figures de l'imaginaire. ils forment des labyrinthes de connaissance. Parce qu’ils font autre chose avec la même chose, il contribuent au mouvement de la culture. Ils forment des labyrinthes de connaissances. Dans une société soumise a chaque instant au sérieux du calcul des machines, ils apportent le jeu et la dérision nécessaires